DO Look Up : Une petite balade parmi les arbres majestueux du parc Oberthür
Cet article est conçu comme une promenade de 20 minutes dans le superbe parc Oberthür, pour admirer quelques-uns de ses arbres majestueux et découvrir leurs particularités. Je me concentre sur cinq arbres, ce qui est largement insuffisant, étant donné l’incroyable diversité de la flore qui compose ce parc exceptionnel.
Avant de déménager à Rennes en 2023, j’ai regardé Google Maps et remarqué un petit parc à côté de notre future maison. Quand nous sommes arrivés dans la ville, j’ai découvert que ce « parc du quartier » était en réalité une oasis de beauté, de sérénité et de verdure, avec des arbres colossaux et impressionnants. Beaucoup de Rennais ne connaissent même pas le parc Oberthür, alors chut… c’est notre petit secret !
Quelques mots sur le parc
À l’origine, le parc était le jardin privé de François-Charles Oberthür, propriétaire d’une imprimerie, célèbre en France pour ses articles de papeterie illustrés et pour avoir fabriqué les calendriers annuels de La Poste. En 1863, Oberthür fait appel au paysagiste Denis Bühler (qui concevra plus tard le célèbre et impressionnant parc du Thabor à Rennes) pour aménager son jardin privé. Bühler transforme le paysage en y plantant une grande variété d’arbres locaux et exotiques — le parc compte aujourd’hui 375 arbres remarquables venus du monde entier.
Près d’un siècle plus tard, en 1960, la ville de Rennes devient propriétaire du parc et l’ouvre au public en 1977. Merci Oberthür (et à sa femme Marie Hamelin — le parc s’appelle officiellement Parc Hamelin Oberthür) et merci à la ville de Rennes !
Les étoiles orange sur la carte indiquent les arbres que nous allons découvrir.
Les séquoias géants
Commençons à l’entrée est du parc, juste à côté de l’aire de jeux, pour découvrir les quatre imposants séquoias géants (n° 5 sur la carte).
Bien sûr, c’est la première chose qui m’a surprise quand j’ai découvert le parc Oberthür : mais comment se fait-il qu’il y ait des séquoias à Rennes ?
Les séquoias géants (Sequoiadendron giganteum) sont les arbres les plus grands et les plus vieux de la planète. Originaires des montagnes de la Sierra Nevada en Californie (pensez à Yosemite), ils peuvent vivre plus de 3 000 ans et atteindre plus de 90 mètres de haut — soit environ la hauteur d’un immeuble de 25 étages.
Mais comment ces arbres colossaux originaires de Californie ont-ils fini par se retrouver un peu partout en Europe ? En grande partie grâce à des personnes comme Oberthür et Bühler : les séquoias ont été introduits en Europe au XIXe siècle et plantés principalement dans des parcs et de grandes propriétés pour leur apparence impressionnante.
Le cyprès chauve
Maintenant, passez devant nos quatre gentils géants et dirigez-vous vers l’étang au milieu du parc pour découvrir le prochain arbre de cette promenade : le cyprès chauve (n° 1 sur la carte). Ce qui m’a le plus frappée chez cet arbre, au-delà de sa taille, ce sont les petites excroissances de racines en forme de lutins à son pied. Vraiment étrange !
Comme ses voisins du parc, le cyprès chauve (Taxodium distichum) est originaire des États-Unis.
Peut-être qu’en tant qu’Américaine, je suis naturellement attirée par les arbres de mon pays ? 😄
Mais contrairement aux séquoias, le cyprès chauve vient des zones humides du sud-est des États-Unis. Il est notamment connu pour sa capacité étonnante à pousser dans l’eau et pour développer ces « genoux » caractéristiques (ce que moi j’appelle les « petits lutins »).
Mais pourquoi l’appelle-t-on un cyprès « chauve » ? Contrairement à la plupart des cyprès, cette variété est caduque : elle perd donc ses aiguilles souples à l’automne, laissant ses branches « chauves » pendant tout l’hiver.


Juste pour clarifier les termes conifère / feuillu et persistant / caduc :
- Conifères : arbres qui produisent des cônes
- Feuillus : arbres qui produisent des fleurs
Chacun des deux peut être :
- Persistant : garde ses feuilles toute l’année
- Caduc : perd ses feuilles chaque année
La plupart des conifères sont persistants (comme les séquoias, mais aussi les pins, sapins, cèdres…), et la plupart des feuillus sont caducs (chênes, érables…).
Mais il existe des exceptions, comme le cyprès chauve, qui est un conifère caduc.
Le cèdre de l’Atlas bleu et le cèdre du Liban
Passons maintenant aux cèdres. Nous avons un cèdre de l’Atlas bleu et un cèdre du Liban, côte à côte (n° 2 et 4 sur la carte). On dirait presque qu’ils sont en train de discuter. Et qu’est-ce qu’ils sont majestueux ! Mais vu leur taille et leur âge (80 à 100 ans), ces géants endormis nécessitent une surveillance attentive et un entretien régulier.
Le cèdre de l’Atlas (Cedrus atlantica) est originaire d’Afrique du Nord et développe de longues branches qui s’étendent largement, jusqu’à devenir presque aussi large que haut. C’est clairement le cas du spécimen du parc Oberthür. Appréciée pour sa robustesse et sa silhouette élégante, sa variété aux feuilles bleutées (Cedrus atlantica ‘Glauca’) est très appréciée comme arbre ornemental dans les parcs européens.
Le cèdre du Liban (Cedrus libani) est un conifère persistant emblématique, originaire des montagnes du Liban et de la région méditerranéenne. C’est l’emblème national du Liban, représenté sur le drapeau libanais. Cet arbre majestueux peut atteindre 40 mètres de haut et vivre plus de 1 000 ans. Il est notamment reconnaissable à ses branches étalées et horizontales, ainsi qu’à son bois parfumé et durable.
Le chêne à feuilles de saule
Pour finir, last but not least, découvrons un arbre un peu moins imposant, mais tout aussi impressionnant : le chêne à feuilles de saule (n° 15 sur la carte).
J’adore les saules. Je passe souvent en courant devant cet arbre et, à chaque fois, une sensation de sérénité m’envahit.
Mais attention : le chêne à feuilles de saule n’est pas vraiment un saule !
Le chêne à feuilles de saule (Quercus phellos) est un chêne originaire du sud-est des États-Unis (encore un !). Il doit son nom à ses feuilles longues et étroites et à ses branches retombantes, qui ressemblent à celles d’un saule. Le chêne à feuilles de saule change de couleur à l’automne — je peux le confirmer pour celui du parc Oberthür — ce qui en fait un spectacle qui se transforme et nous émerveille tout au long de l’année.
Et voilà ! C’est la fin de cette première promenade à la découverte de quelques-uns des arbres majestueux de cet incroyable parc. J’espère que vous avez apprécié. Prenez le temps de profiter de la richesse et de la beauté de ces arbres extraordinaires.
Et surtout, n’oubliez pas de… lever les yeux.
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